De Beyoncé à M.I.A.: deux façons de mettre en scène le discours féministe.

Allons en cuisine, voulez-vous ?

Vous voyez le mixeur là-bas ? Ouvrez-le. Jetez-y les ingrédients suivants: rap, grosses bagnoles, armes, courses automobiles illégales, armes à feux et femmes qui dansent. Remettez le couvercle et appuyez sur “ON”. Il y a de très fortes chances que vous obteniez une sauce 50 Cent, Gucci Mane ou (The) Game. Après tout, voilà la recette à laquelle l’on nous a habitué depuis des années. Une sorte de machisme cathodique que l’on a tellement revisité qu’à la fin, il soit devenu sa propre caricature. J’ai encore en tête le rappeur de Saint Louis, Nelly, qui passe sa carte bleue dans le fessier d’une stripteaseuse anonyme au regard creux..Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai arrêté de trouver ces clips “cool”. Pas par regain soudain de féminisme, mais plutôt parce que j’avais la sensation que l’on venait d’atteindre le point Godwin du trio “Money, Weed/Guns & Hoes”.

Dans le post que je consacrais à Shay, la pouliche de Booba (d’ailleurs, depuis sa punchline sur le chien et la chinoise, quelqu’un sait ce qu’elle est devenue ?), une commentatrice m’avait demandé de lui expliquer pourquoi j’aimais autant le rap. Elle disait ne pas comprendre comment moi- du sexe féminin- je pouvais trouver du plaisir à écouter des insultes misogynes saupoudrées de name-dropping de marques de luxe. La nouvelle vidéo de la sri lankaise la plus hype de la planète y répond en partie.

Nous sommes dans une période où les clips n’ont plus véritablement d’impact de manière générale. Sauf si l’on y met les moyens et que l’on entreprend de les réaliser comme de véritables mini-longs métrages, les vidéos s’enchaînent et finalement, à part quelques placements de produit, il n’y a pas grand chose à retenir. Si je vous demande de me citer la scène d’un clip de Hip Hop qui vous a marqué ces six derniers mois, je parie que l’exercice sera plus compliqué qu’il n’en a l’air.

Pourtant, avec “Bad Girls”, j’ai eu l’impression de plonger dans un monde parallèle. Nul besoin d’évoquer la beauté visuelle, la puissance des images, le folklore revisité mais pas du tout cliché. Sans parler du message militant derrière l’apparente superficialité. Ce clip m’a fait penser à une version plus réussie de “Run The World” de Beyoncé, et pourquoi ? Je vais vous le dire. En dehors de quelques ressemblances (décor désertique, chevaux, couvre-chef doré..), le discours se veut similaire. Beyoncé et M.I.A. célèbrent la force de la gente féminine malgré tous les obstacles, les injustices et les défis quotidiens. Mais là où le génie du duo Mia-Romain Gavras l’emporte c’est qu’il n’a pas joué l’opposition.

Tandis que Beyoncé était dans un clash Hommes vs Femmes comme on a déjà pu le voir chez d’autres (Hold Us Down de Christina Aguilera & Lil’Kim), M.I.A. et ses “bad girls” reprennent tous les clichés Hip Hop dont j’ai parlé là-haut: armes, conduite dangereuse etc.. mais elles réussissent à rendre cela dix fois plus stylé qu’un clip de “Dirty South”. Soit dit en passant, se limer les ongles sur une BMW qui roule à deux roues, ça vaut tous les clips de Nicki Minaj et sa Lamborghini rose, je suis désolée.  Revenons en au sujet. Bien sûr, Beyoncé a un style sexy, c’est son univers et elle le cultive. Et bien sûr, il n’y a pas UNE manière d’aborder le sujet du “female empowerment”. Mais à titre personnel, quand je regarde les clips des rappeuses ou chanteuses R&B qui traitent de la question, finalement ça a toujours été abordé de la même manière.

Autre point fort, le mix. En matière de sons, M.I.A. a toujours fait du mélange Pop-Hip Hop-Musique tradi sri lankaise sa signature. Mais prendre cela, puis l’accorder à une vidéo avec un décor oriental/arabe, je n’aurais jamais parié que cela fonctionne..Et pourtant si. Il ne me serait jamais venu à l’esprit que les rallyes clandestins (plutôt courants en Arabie Saoudite et d’autres pays du Moyen-Orient) puissent être aussi..comment dire.. “sympas”. Par ailleurs, dans l’imaginaire occidental, les femmes entièrement couvertes sont forcément opprimées, frustrées, entravées. Je ne dis pas que cela ne soit pas le cas pour beaucoup d’entre elles, mais ce n’est pas le cas pour toutes. On peut être libre, avoir du “SWAG”, sans forcément porter une robe moule-fesses, et cette vidéo le démontre fort bien.

Je ne sais pas si ma brève analyse de ce clip (que j’ai dû voir plus de 15 fois et je ne m’en lasse pas encore) est adéquate avec ce que M.I.A. souhaitait faire. Si ça se trouve, elle voulait juste s’éclater dans le désert marocain. Et quand bien même ce serait le cas, ça ne me pose pas de problème, bien au contraire. Laisser d’aussi nombreuses possibilités d’interprétations en à peine 4 minutes est, en soi, une preuve de qualité.

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Cher Jeannot..

Je suis encore assez éloignée de ces préoccupations, mais j’ai toujours entendu dire que la quarantaine est le meilleur âge pour une femme parce qu’elle se sentirait (plus) libre, est généralement très à l’aise professionnellement, plus confiante et ainsi de suite.. Vous vous en doutez, je suis loin de pouvoir infirmer ou confirmer cela, mais je me demandais si c’était le cas pour les hommes.

Je vais être honnête: j’ai toujours préféré la “compagnie” d’hommes plus âgés, parfois BIEN plus âgés (DON’T JUDGE ME!). Esquivons les Lacan improvisés, la psycho de comptoir, le rapport au père tout ça. Le fait que nous ne soyons pas au même niveau socialement, intellectuellement (j’ai encore beaucoup à apprendre de la vie) et autres crée un décalage plutôt confortable. Du moins, pour moi.

J’ai des amies qui trouvent cela bizarre, certaines y voient une espèce de fascination un peu dérangeante, et à quelques égards je les comprends. Ca sonne affreusement cliché, j’ai l’impression d’entendre Kévina par Elie Semoun (“Ouais bah moi je préfère les mecs plus vieux t’sais..genre..17 ans et demi quoi!”). Mais j’ai beau me “rabattre” sur la gente masculine de ma génération/tranche d’âge pour faire comme tout le monde, je finis toujours par retrouver..l’ennui. Oui, touuuus les garçons entre 22 et 26 ans ne sont pas des ados attardés affalés sur leur canapé 23h/24, en possession de la sainte trinité: Beats by Dre + Manette + bouteille d’Oasis. De la même manière, tous les trentenaires ne sont pas sur une rampe de lancement dans leur carrière, si matures que cela, amateurs de sorties culturelles et de belles montres. Toute histoire est singulière, mais mon expérience jusqu’ici m’a portée à préférer le deuxième groupe..par convenance.Plus j’avance, plus j’ai l’impression que le fossé se creuse entre le 1er groupe et moi-même. Soit ils font du sur place, soit je me vois plus loin que je ne suis..Peu importe. Passé les premiers jours, je commence à m’ennuyer, à être déphasée, voire, à être ralentie. Et quand je m’ennuie, bon.. la suite, je ne la raconte pas ahaha.

Et la sensation de perte de patience de devoir composer avec les habitudes de “djeuns”. Ca aussi c’est un problème récurrent me concernant. J’ai nécessairement besoin d’admirer. Et pour cela, il faut qu’il soit devant, en avance, qu’il me serve de stimulateur (yes, i know the term is quite “special” here lol) pour le rattraper même si c’est peine perdue. Aah.

Alors, qui sait, peut-être que je ferais marche-arrière et finirais en cougar émérite. La voleuse volée. J’ai du mal à me voir babysitter un toyboy, peu importe le bon temps partagé, mais une fois de plus, je n’en sais rien. C’est dans une vingtaine d’années tout cela, qui sait si je serais encore de ce monde d’ici là… Enfin bref. Pourquoi je vous parle de tout ça ? Ah. Oui.

Le passage de jeune premier sympa à brun incendiaire me subjugue.

Je suis littéralement absorbée par cette photo, signée Mario Sorrenti pour le magazine W. Alors bien sûr, je sais que TOUT est étudié: la barbe de 3 jours, la cravate défaite, le torse que l’on devine, les plis du front qui sous-entendent la tension et l’expérience, sans parler du regard…Oui je sais que c’est mis en scène, mais j’achète quand même ! Ca transpire de sex appeal au point d’en devenir obscène (lol). Je vous vois déjà venir. Je n’ai pas attendu “The Artist” (que je n’ai toujours pas vu) pour être une groupie de Jean Dujardin. A vrai dire, ça remonte à OSS 117. Caire, Nid d’espions. Je n’avais JAMAIS autant trouvé un acteur frenchy contemporain aussi sexy dans un costume sur mesure (je précise “contemporain” parce que les films d’époque en sont truffés). Cheveux gominés, sourire ultra-blanc, blagues à la limite du mauvais goût, air mi-niais mi-malicieux.. OSS 117 a été la fin de Chouchou (sans Loulou) et le début de Jean.

Je n’ai pas vu tous ses films, mais globalement j’ai l’impression qu’un déclic s’est effectué..Et cela se retranscrit physiquement. Vous savez, ça me rappelle un peu le laideron du collège qui n’avait pas confiance en lui et se prenait des râteaux sans cesse. Et qui, dix, quinze ans plus tard, se révèle être un bellâtre que les filles s’arrachent. C’est sûr, Jean n’a jamais été un laideron pour commencer, mais quand je repense à la manière dont je le regardais à l’époque “Un garçon, une fille” et dont je le regarde aujourd’hui, la différence est flagrante..Prendre conscience de son pouvoir de séduction, ça vous change un homme, j’vous le dis.

Quoi qu’il en soit. Mamma mia. La quarantaine HOT *s’auto-asperge d’eau bénie*

Je pourrais encore dire pas mal de choses sur le sujet mais je m’arrête là, parce que vu ce que je fais désormais tout ça, langue de bois, je ne dois plus écrire tout ce qui me passe par la tête car cela pourrait avoir des conséquences sur l’image de marque etc… Je ne fais que le répéter pour m’habituer, mais j’ai encore un peu de mal avec tout cela. Sur ce.

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