De la barbapapa dans les cheveux & souvenirs scolaires.

L’autre jour, pendant mes nombreuses divagations devant le miroir, je m’interrogeais sur ce que je devrais faire de ma tignasse (Passionant, je sais).Cela va faire 8 mois que je n’ai pas touché à un pot de défrisant, et ça ne me manque pas spécialement. Mais après mes variations récentes ( crâne rasé-repousse-lacefront-rasé-défrisage-tissage-naturels ), je m’interroge sur ce qui sera la prochaine étape. Et voilà que j’ai jeté mon dévolu sur une tendance capillaire qui aurait dû me passer au-dessus de la tête justement..

Alors je sais très bien ce que vous pensez, parce que je pense pareil:

1- La tendance « Ombre Hair » tout le monde y a cédé.

2-La teinture rose sur une fille noire, c’est très…compliqué à assumer. Notamment, parce qu’on l’associe à Nicki Minaj et aux ghetto girls trash comme ce qui suit..

Peu ragoûtant, je sais. Mais malgré les nombreuses appréhensions, je suis vraiment prête à tenter le coup.

(Une de mes rappeuses nigérianes préférées, Eva Alordiah, qui s’est récemment teint les cheveux)

Le côté dégradé multicolore barbe à papa de Ciara est sûrement mon plus gros coup de coeur.

Si vous avez des adresses parisiennes de salons maîtrisant la coloration sur mèches (ou des produits colorants), je suis preneuse. Et pendant qu’on en est à parler cheveux, il y a un souvenir qui m’est revenu à l’esprit la semaine dernière.

Je ne sais pas si ça a changé depuis, mais dans le règlement intérieur des collèges et lycées camerounais, il était interdit aux filles de porter des uniformes pantalons sauf dérogation spéciale pour brûlures aux jambes par exemple. Mais surtout, les filles avaient pour interdiction formelle de porter des extensions capillaires (ou « greffe« , terme local désignant les tissages).  Je me souviens que parfois le Lundi matin, certaines filles qui s’étaient coiffées pour le week end (soirée, anniversaire,mariage) se retrouvaient assises par terre devant le portail, à se faire tresser rapidement par une copine parce qu’un surveillant avait refusé de les laisser entrer dans l’établissement. Il nous était même interdit de porter nos cheveux naturels (sans extension) s’ils n’étaient pas préalablement tressés ou nattés. Et même les rastas (voir en cliquant ICI), n’étaient pas acceptés (enfin, en principe). En regardant aujourd’hui tous ces débats qui entourent le cheveu crépu et ce fameux complexe du cheveu lisse et raide, je trouve ça particulièrement intéressant que de telles mesures soient appliquées dans le système scolaire.

A l’époque, je ne m’étais pas vraiment posée la question de savoir pourquoi nous n’avions pas le droit de porter des extensions. Mais je sais que dans l’esprit commun, « les greffes (tissages) ne sont pas pour les enfants, mais pour les adultes« , c’est toujours ce que j’ai entendu. Même les filles de Terminale (que j’admirais à l’époque) n’osaient parfois pas en mettre parce que ça les vieillissait et qu’on associait rapidement parfois une jeune fille avec un tissage à une prostituée. De la même manière, je n’ai jamais senti un automatisme dans le fait de devoir me défriser, puisque les tresses (« les nattes renversées« ) étaient mes seules options de toute façon. La seule fantaisie que je m’autorisais à la limite, c’était de mettre des perles ou encore de reprendre le fameux modèle Alicia Keys à l’époque de « Fallin' ». Aujourd’hui, les choses ont bien changé avec l’omniprésence des tendances afro-américaines et l’arrivée du Human Hair/des mèches brésiliennes qui font fureur au Cameroun actuellement (certains paquets de mèches pouvant monter jusqu’à 1 million de francs CFA). Enfin bref.. et pendant qu’on y est, les garçons avaient également interdiction de venir en cours avec une barbe mal-taillée et le crâne qui n’est pas net (pas d’afro donc), pas de baskets avec les lacets non-attachés, pas de pantalons portés bas façon baggy, pas d’uniforme sale (enfin, pour le Lundi du moins puisque le reste de la semaine, les tâches de poussière et autres sucettes avaient montré le bout de leur nez).. Je trouvais ce règlement trop strict à l’époque, mais avec le recul, je me dis que c’est une très belle manière d’éduquer des jeunes gens et poser des règles de savoir-vivre qui seront utiles même en dehors du cadre scolaire. C’est dans ce genre de cas que la phrase « Tu comprendras quand tu seras plus grande » prend tout son sens..