Cameroon, round 2.

Posted on 22 mars 2012 Under les Blablatages

J’aurais sûrement dû commencer mon précédent post par là, qu’importe.

Je suis rentrée il y a quelques heures d’un séjour express à Douala (ma ville natale), où j’avais été invitée à intervenir lors de la conférence 9 Ideas, dédiée aux idées & business innovants. En dehors du fait que j’ai été vraiment superbement bien accueillie et traitée (qui bouderait un traitement VIP ?), ça a été une expérience géniale sur plusieurs fronts. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de gens qui connaissent le magazine, ou du moins ses membres fondateurs, ni de gens qui soient sensibles à ce que j’ai essayé d’expliquer lors de mon exposé oral, c’était très gratifiant. Il serait d’ailleurs question que je retourne à Douala pour une toute autre conférence d’ici quelques mois.

(Vue du 8ème étage de l’hôtel La Falaise)

J’ai fait une présentation sur les différentes manières dont l’Afrique pourrait tirer profit de son industrie textile. J’ai eu un peu de mal à démarrer (le trac, 1ère conférence du genre), mais une fois que j’ai commencé, on n’a pas pu m’arrêter. Sur l’heure qui m’avait été donnée, j’ai finalement parlé plus d’une heure et demie. Une vraie pipelette. Bien sûr, j’ai également assisté à la présentation de projets autres que le mien comme Harambe Cameroon d’Olivia M., ou Mwanamké de Steve A. J’ai aussi eu l’occasion de discuter avec pas mal de jeunes entrepreneurs ou de jeunes cadres fraîchement rentrés d’Europe/des US après leurs études.

Il y a une véritable émulation aujourd’hui au Cameroun,  et le fossé avec la génération d’avant se creuse à une allure incroyable. Est-ce un signe qu’une porte de sortie est proche pour le Cameroun des 50 prochaines années ? Je n’en suis pas si sûre pour autant, mais les choses bougent (modestement, mais bougent quand même).

A voir autant de connaissances et amis rentrer au bercail pour y travailler m’a fait me poser des questions. Je l’avais déjà évoqué dans mon « fameux » post « Mon pays c’est Paris », je ne peux pas (pour l’instant du moins) rentrer m’installer au Cameroun. Ce séjour s’est nettement mieux passé que celui de Décembre, mais j’ai eu beau essayer de me trouver des raisons, je ne me vois pas y vivre. Par contre, je pourrais y passer un peu plus de temps et naviguer entre Douala et Paris. Et puis, je crois que la véritable différence avec d’autres dans mon cas, c’est que..quoi qu’on dise, je me sens française. Je ne me sens pas de passage ou en formation en France, c’est plutôt un « chez moi ». Donc forcément, la problématique d’un « retour » dans mon cas ne se pose pas vraiment. Mais ça m’a rassurée de voir que certains sur place ont remarqué les mêmes choses que moi, notamment le manque de véritables lieux culturels grand public. En dehors du Centre culturel français, il n’y a pas grand chose, voire rien. Pas de cinéma, pas de théâtre, pas de véritable musée..finalement, lorsque l’on veut sortir à Douala, faut aller dans un snack-bar, un resto ou une boîte. Et sachant que l’on fait le tour de tout cela en 2 – 3 semaines, bonjour l’ennui par la suite. Bien évidemment, ceci n’est qu’UN détail parmi tant d’autres.

Il faut voir en des problèmes des opportunités, je le sais. Sûrement, je ne le cache pas, mon envie d’investir en Afrique subsaharienne est basée sur les délais de retours sur investissement et les barrières à l’entrée. Et sur ce point, que je sois camerounaise d’origine n’a aucune importance pour moi, le bénéfice prime (dans ce cas précis) sur le patriotisme. Si c’est au Rwanda ou au Mozambique que mes idées ont le plus de chances de cartonner rapidement, je n’hésiterai pas une seule seconde à y aller.

Mettant le côté « Business » à part, j’ai également remarqué qu’un sujet revenait assez régulièrement: les rencontres. Je trouve que la pression sociale au Cameroun est encore très forte, notamment en ce qui concerne la vie « familiale » (une femme célibataire à un certain âge est mal vue, il faut avoir des enfants etc). Et les personnes avec qui j’en ai discuté (exclusivement des jeunes hommes) m’ont fait part de leur difficulté à rencontrer des jeunes femmes qui sont « mariables ». Pourquoi ? Hé bien, premièrement parce qu’il manquerait des lieux de rencontres propices (bien que quelques afterworks assez chics commencent à prendre place). Ensuite, le problème de l’argent. Certains se sont plaints que du fait de leur statut (souvent jeune cadre bien rémunéré ou « héritier » travaillant dans la société de leurs parents), la majorité des jeunes femmes qu’ils rencontraient était plus souvent attiré par leur porte-feuille que par leur personnalité. Et enfin, les exigences. Je pense ne pas me tromper en disant que cette génération qui a été formée à l’étranger fait partie d’une forme d’élite, et comme on l’observe dans d’autres pays, cette élite tend à se reproduire entre elle. Or, vous l’aurez compris, une élite c’est petit. Une fois que la majorité des jeunes femmes est prise, il ne reste plus grand chose sinon que de chercher en-dehors de ce petit groupe. Et beaucoup m’ont fait savoir qu’ils ont du mal à baisser ou rétrograder leur niveau d’exigence.

Vous me connaissez, quand je discute d’une problématique avec des gens, j’écoute et en même temps, je commence déjà à réfléchir à des idées business. Et si des gens (avec le tact, le sérieux et le carnet d’adresses qui va avec) s’occupaient d’organiser des dîners de rencontre ? Bon, c’est juste une idée à la va-vite, et ça n’a rien à voir avec des speed dating façon Meetic, mais je suis persuadée que l’on pourrait trouver un moyen de faire en sorte de développer activités culturelles, lieux de rencontre et networking. A creuser.

Je vous laisse sur une photo de mon dernier jour, au Comptoir Colonial. Qu’est-ce que ça m’a fait du bien de « débrancher » un peu (pas de mails, de coups de fils..)..

Sur ce, retour au travail: #3 de Fashiz’.

P.S.: sinon, j’ai été assez déçue du club « L’Olympia« . Je n’en avais entendu que des merveilles et finalement…un samedi soir, la boîte de nuit s’est vidée aux alentours de 5h du matin, c’est plutôt moyen je dois dire.